Le territoire de Jharia – Etat du Jharkand (Inde)

« Les fumées des incendies s’échappent de partout. Même dans des maisons aux murs brûlants. Leurs habitants ne les quittent qu’au dernier moment faute d’endroit où se loger. Chaque année les feux souterrains engloutissent des maisons et des gens. Les morts et les blessés ne sont pas comptabilisés. Les habitants qui n’ont pas de travail vivent du charbon volé qu’ils cokéfient pour le vendre illégalement aux particuliers ».

crédit : Pierre de Vallombreuse

Navajo – Etats-Unis

« Les gens n’ignorent sans doute pas qu’il existe aux États-Unis des mines d’uranium abandonnées après la guerre froide et laissées en l’état, sans protection. Peu de gens soupçonnent en revanche que sur ces zones contaminées
vivent des Navajos, dans des maisons radioactives, construites avec des parpaings, de la tôle ondulée récupérée sur ces mines ».

crédit : Pierre de Vallombreuse

Basque – France, Espagne

« On parle toujours de l’autochtonie comme d’un « ailleurs » or elle existe au sein de l’Europe avec les Basques ou les Sams en Norvège. En Espagne, les Basques ont un parlement et un gouvernement autonomes. Ils ont réussi à maintenir leur langue. Le Pays basque, avec lequel j’ai un lien très personnel, constitue en quelque sorte la genèse intime du projet Hommes racines. Il pose d’emblée la question de l’identité et de l’autochtonie. J’y suis né. Mon père y a longtemps vécu. C’est aussi une façon de rendre hommage à cette terre et à mon père ».

crédit : Pierre de Vallombreuse

Bhil – Inde, État du Gujerat

Un couple vivant seul dans un village des Dang.
Leurs enfants sont partis travailler dans les plantations de canne à sucre.

« Les Bhils représentent une des ethnies les plus nombreuses d’Inde. On les retrouve tout au long d’un itinéraire qui part du massif des Dangs, un massif montagneux, forestier, le dernier bastion des Bhils, où leur culture est restée très forte, jusqu’au Rajasthan semi désertique, où ils vivent, ou survivent parfois, dans une région qui les voient fortement hindouisés. Dans les Dangs, la pauvreté s’installe et les jeunes s’en vont : quel avenir possible ? À part quelques petites communautés qui ont suffisamment de terres, nombreux sont ceux qui ont dû quitter la région pour aller travailler dans des champs de cannes à sucre, dans des conditions qui frisent l’esclavagisme. On sent une profonde tristesse, de la résignation, et en même temps un lien très fort encore, chez les Bhils des Dangs, avec leurs racines, les arbres, avec des rites très importants liés au cycle des saisons ».

crédit photo : Pierre de Vallombreuse

Hadzabe – nord de la Tanzanie

Les touristes paient 300 à 500 dollars par jour pour voir les Hadzabe. Ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades sont devenus un nouveau « produit » pour les tours operators, alors que leur survie-même se trouve menacée par la perte de leur territoire et le développement du Sida.

« Avec ce que vivent les Hadzabe, se pose clairement la question, à nous Occidentaux, de la responsabilité de nos actes et des dérives du « primitif business » dont font l’objet ces chasseurs-cueilleurs. Quelles sont les conséquences de cette forme de tourisme qui transforme durant l’été ce peuple fragile, qui regroupe environ 1 500 personnes seulement, en zoo humain du XIXe siècle, avec des shows en peaux de bêtes, des séances de tir à l’arc, des danses rondes de l’amitié ? Les maigres dollars qui circulent par ce biais, servent à se procurer de l’alcool et de la drogue. Le Sida se développe de façon dramatique. Faute de pouvoir les soigner et sous le regard des touristes qui payent 400 dollars par jour sans se rendre compte qu’ils sont en face de véritables morts-vivants, ce peuple résistant, qui a su rester nomade et garder sa religion, est-il condamné à disparaître ? ».

crédit photo : Pierre de Vallombreuse

Rabari du Gujerat – Inde

Voilà un peu plus d’un mois que je suis en Inde, mon pays d’adoption. Ici une photo prise dans le Gujerat où vivent mes amis Rabaris qui y nomadisent. J’ai retrouvé mes amis de la caravane, une trentaine de personnes avec qui j’ai passé de si beaux moments. Ce sera mon dernier grand voyage de 2011 après La Nouvelle Zélande, si beau pays, dont la rencontre avec les Maoris fut une des plus belles et des plus émouvantes de ces dernières années.

Après il sera temps pour moi de me consacrer à la finalisation du livre aux éditions de La Martinière et de l’exposition « Hommes racines », consécrations du projet photographique commencé il y a déjà 5 ans…

crédit photo : Pierre de Vallombreuse

Retour…

Retour à Paris. 36 heures de voyages me séparent physiquement des Maoris. Mais mon cœur est proche d’eux. En effet, comment oublier un peuple aussi humain, attentionné, spirituel, dont l’hospitalité est si généreuse ? En 25 ans de rencontres, j’ai rarement rencontré de telles qualités réunies. J’espère que mes photos seront à la hauteur de ce peuple si magnifique.