Une musique qui a du chien

Non ce n’est pas un article sur le label de musique classique « la voix de son maître » de la Deutsche Grammophon (avec l’emblématique jack russell Nipper) mais un vrai coup de coeur de notre part dans le cadre du cycle de l’homme et l’animal: White god est un film hongrois sorti de façon très discrète fin 2014 et réalisé par Kornél Mundruczo. Le titre est peut-être un clin d’oeil au White dog de Samuel Fuller mais la comparaison s’arrête ici en regard d’une allégorie commune sur le racisme. Pour favoriser le développement des chiens de race, le gouvernement hongrois inflige une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent et les refuges surpeuplés ont recours à l’euthanasie. La jeune Lili adore son chien Hagen mais son père l’abandonne dans la rue refusant de payer l’impôt dû. L’adolescente part alors à sa recherche afin de lui épargner un sort qu’on devine cruel et funeste. On est loin de Sauvez Willy ou d’une superproduction mélodramatique et larmoyante sur la relation entre un ado et son animal. Il faut plutôt aller voir du côté de Hitchcock (Les oiseaux) et Kubrick (Spartacus).

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« La voix de son maître »

Mais quel rapport avec la musique me direz-vous sans trop dévoiler l’histoire?
Dès la scène introductive, séquence de chaos total à l’état pur, où le silence règne dans les rues désertes de Budapest, la jeune trompettiste Lili pédale sans croiser personne. Surgit alors derrière elle une meute de chiens, accompagnée d’une musique puissante. Ce thème récurrent du film est la Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt. Ce morceau populaire est emblématique de la Hongrie et souvent repris sous sa forme originale jouée au piano dans quelques célèbres dessins animés (Mickey Mouse, Bugs Bunny, Tom & Jerry…) ou dans sa version orchestrée. Au-delà de cette référence animalière et du caractère anthropomorphique des chiens, la musique sublime un réalisme brut et de magnifiques cadrages.

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Si j’t’attrape, j’te mords!!!

Ensuite dans le film, un chef d’orchestre tyrannique oblige des enfants à jouer ce morceau à sa façon qui ne correspond pas au jeu de trompette de Lili. Cette scène de transmission pédagogique de la musique, juxtaposée à la rage des chiens, fait écho à un autre film sorti au même moment: Whiplash, dans lequel un professeur de batterie torture psychologiquement un de ses meilleurs éléments du conservatoire de musique de Manhattan. Comme dans White god, la musique est vécue tour à tour, comme contrainte et liberté, asservissement et soulagement, furie et apaisement.

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Ainsi la scène finale de White god demeure anthologique, rien que ça, mais je ne vous en dit pas plus, empruntez-le à la bibliothèque…

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… Parait-il que la musique adoucit les moeurs?

Il y a quelques jours pendant une réunion interne de la bibliothèque où nous abordions, entre autres sujets, le phénomène des bandes, une collègue évoquait son passé de jeune bibliothécaire dans les années 80. Pour elle, les petits kékés d’aujourd’hui sont d’une manière globale moins violents que les loulous d’hier. Les « toi je t’attends à la sortie » étaient plutôt courants et les jambes tremblaient au moment de quitter son lieu de travail. Ceux-là ne nous manquent vraiment pas. Les minots qui viennent ambiancer les collègues de la Mezzanine ne leur arrivent heureusement pas au ceinturon. Le n°572 de la revue Rock & Folk fait sa couverture avec les bandes de rockers en blousons noirs -pour nous changer de la bande à Jagger- à l’occasion de la sortie du livre du photographe Gilles Elie Cohen « Vikings & Panthers » qui dresse les portraits, dans les années 80, d’une génération de loubards parisiens sacrifiée à la religion rock des fifties. Une vision romantique d’une époque qui ne l’était vraiment pas (bastons, overdoses…)

urlTristement, certains raccourcis associaient déjà le rock et le punk à cette violence comme pour le rap et la « racaille ». Si la violence et l’obscénité sont réelles et présentes dans certains courants musicaux, elles ne sont pas exclusives ni représentatives desdits courants et demeurent souvent les parties visibles d’un iceberg sociétal, mixte, international. Au-delà des contextes, des qualités, émotions jugées et ressenties par chacun, à travers les polémiques (Orelsan), les comportements individuels parfois provocateurs (JoeyStarr), la vulgarité sans limite (Gradur), la « punchline » reste néanmoins un moyen libre d’expression encadré par la loi. Un exutoire, une catharsis mise en scène qui est plus souvent vectrice d’espèces sonnantes et trébuchantes, de « buzz » sur la toile, que de violence à proprement parler… Et ce n’est pas Booba, le champion de l’auto-thune, qui prétendra le contraire. Ce même Booba qui, dans un entretien paru dans Le Parisien, semble mettre malheureusement sur un pied d’égalité caricatures et balles réelles. L’argent qui n’est d’ailleurs pas l’apanage du gangsta rap au même titre que la violence n’est pas celui du rap.

Image de prévisualisation YouTubeIls ont aussi des choses intéressantes à dire…ici

Une chanson, même de Sardou ou Goldmanurl, n’est ni plus ni moins une caricature mise en musique. Le problème reste ce qu’en fait l’auditeur après l’avoir écoutée? Pour le rappeur Kaaris, programmé au Printemps de Bourges et autre représentant de la ligne dure du rap « sale » calqué sur le modèle américain du dirty rap, il faut prendre ses textes au second degré. Les rappeurs ne sont plus des leaders d’opinion et le rap est moins porteur de messages qu’il ne l’a été par le passé. Dans une interview parue dans le journal Le Monde, il déclare: « C’est devenu un business, un divertissement, je n’ai jamais eu la prétention d’être porte-parole de quoi que ce soit… Nulle part dans le monde, des populations se sont soulevées à cause d’une musique. La vie réelle, aller travailler, aller charbonner, c’est autre chose que d’écouter de la musique dans sa bagnole… La violence est nulle. Dans le magasin casher de la Porte de Vincennes, il y aurait pu aussi avoir ma mère qui achetait ses tomates. » Ses plus jeunes auditeurs devront donc faire la part des choses entre réalité et fiction ou se brancher, peut-être en grandissant, sur des courants plus alternatifs comme une réversion d’un refrain du Klub des loosers: De la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas…

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Conservatoire Dogs !

Conservatoire de Rennes - Saison 2014/2015

La musique joue un rôle central dans la filmographie de Quentin Tarantino, les chansons étant même parfois, de l’aveu de ce cinéaste-musicologue de séries B, le point de départ de l’écriture d’une scène.

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C’est sans hémoglobine mais avec un répertoire saignant que les étudiants du Diplôme d’études musicales (D.E.M.) en Musiques actuelles amplifiées (M.A.A.) du Conservatoire s’attaquent cette année aux B.O. des films de Quentin Tarantino avec une sélection de tubes soul, surf ou rock ‘n’ roll plus joussifs les uns que les autres.

Cédrick Alexandre a accepté de répondre à quelques questions et nous éclairer sur les Musiques actuelles au Conservatoire, département dont il est le coordinateur :

C’est quoi un DEM? A quoi ça sert?

Le DEM MAA valide un parcours de cycle d’orientation professionnelle, même si bon nombre d’élèves sortent diplômés et se retrouvent dans divers projets artistiques, de plus en plus d’élèves souhaitent continuer des études supérieures en MAA. Il existe maintenant une possibilité, via les Pôles d’Enseignement Supérieur, de poursuivre des études conduisant à un DNSPM (diplôme National Supérieur de musicien professionnel) et une licence musique, en lien avec l’Université, tout ceci en Musiques actuelles amplifiées ! Un Pôle existe d’ailleurs en Bretagne – Pays de la Loire, « Le Pont Supérieur », basé a Rennes et Nantes, en lien avec l’Université Rennes 2.

La pop et le rock au Conservatoire, c’est pas un peu décalé?

(rires) Oui, il y a de cela une quinzaine d’années cela paraissait, aux yeux du milieu « Pop/Rock » et aussi du milieu des « musiques classiques », une aberration. Mais force est de constater que la place des MAA est bien réelle, bousculant parfois, remettant aussi en question certaines formes d’enseignement, notamment autour de la notion d’oralité, mettant en avant les pratiques collectives. Je pense que c’est plutôt une très bonne chose autant pour l’institutionnel que pour l’associatif.

Tarentino : le choix des élèves?

Depuis quelques années une possibilité de réalisation d’un projet thématique est réalisée sous forme de résidence/concert dans un lieu de diffusion référencé musiques actuelles amplifiées (SMAC). L’idée est de rechercher de manière collective le « tribute » et d’en faire un projet complet sur pratiquement toute l’année permettant à chacun de s’investir pleinement. De la pédagogie de projet, quoi !

Combien de temps de travail sur un projet comme celui-là?

Généralement, le travail de réalisation s’étend sur 6 mois, la restitution ayant lieu en principe en avril. Il ne faut pas oublier que ces élèves doivent parallèlement préparer leur propre projet artistique, valider leurs autres UV (Culture et formation musicale, etc.) ainsi que la rédaction d’un mémoire pour juin. Ca ne chôme pas !

Des projets? A quand Tommy des Who au Conservatoire?

Pourquoi pas ! je l’ai d’ailleurs revu dernièrement, cela pourrait être un projet en lien avec le département d’art dramatique ! A suivre (rires).

Ton dernier coup de cœur discographique? J’ai beaucoup de coup de cœur musicaux… Il suffit de regarder mes play list perso. Les derniers l’album de Bertrand Belin, Parcs. A venir, le projet de Rodolphe Burger en duo avec Philippe Poirier Play Kat Onoma qui sortira très prochainement. Ainsi que le dernier opus d’Annie Clark sous le pseudo St Vincent, le magnifique dernier album de Daniel Lanois… Et bien d’autres !

 

Merci, Cédrick Alexandre !

Concert :

Mercredi 29 avril à 20h30 à l’Antipode MJC – Gratuit.

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La musique bretonne, patrimoine vivant

Le fest Noz, ça nous mène!

Le Fest Noz a été officiellement inscrit en décembre 2012 par l’UNESCO sur « la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ». Une reconnaissance internationale qui, au-delà du Fest-Noz, va changer le regard sur l’ensemble de la culture bretonne, dit-on dans les milieux culturels bretons. Le Conservatoire de Rennes n’a pas attendu 2012 pour reconnaitre à la musique bretonne sa place comme esthétique à part entière, à l’égal de toutes les musiques « savantes » ou écrites qui sont enseignées dans l’établissement.

Ca va guincher!

Chaque année, le Conservatoire organise une manifestation autour de la danse et de la musique bretonne. Le 10 avril prochain, le Bour-Bodros quintet et le Bagad Roazhon se rassemblent avec les enseignants du CRR : Marc Clérivet, Mickaël Jouanno, Yvon Rouget. Rendez-vous salle Clémenceau à 20H30 (entrée libre dans la limite des places disponibles).

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Peau de chèvre et tuyaux percés

Ce même 10 avril aura lieu à la chapelle du Conservatoire une master class avec John van Hees, autour de la cornemuse et des musiques traditionnelles. Ah! La cornemuse! Instrument emblématique s’il en est. Une simple note et les images d’écossais en kilt s’imposent d’elles- même… Luttons contre les préjugés et les idées recues. Avec des bouchons d’oreilles, ça peut aider… heureusement pour leur audition, les enfants qui apprennent à jouer du biniou ou de la bombarde utilisent désormais des protections adéquates pour leur ouïe. Quand à l’association cornemuse/musique celtique, elle est à nuancer : le principe de la peau de chèvre gonflée (pauvre bête…) agrémentée de tuyaux, on le retrouve dans de nombreux autres pays : la Crête, la Turquie, l’Ukraine… le nom change, le nombre de tuyaux, mais le principe reste relativement le même. Et bien d’autres pays encore : jugez-en avec cette playlist (sur la chaine Youtube du Conservatoire)!

Le centre de documentation du Conservatoire mettra en valeur ses fonds documentaires autour du sujet à partir du 1er avril, ainsi que son accès aux archives sonores de DASTUM (la base de donnée en ligne du patrimoine oral de Bretagne). Et en attendant de se trémousser, rendez-vous sur Facebook.

Et enfin, une relecture de l’article de Léa sur ce blog s’impose!

[Nicolas-Conservatoire]

 

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Eurovision : Historique et coup de gueule

La classe à l'ancienne

André Claveau, La classe à l’ancienne. Gagnant de l’Eurovision 58

Tout commença en l’an de grâce 1956, l’Europe eut envie de souder ses alliances, de faire la « teuf » ! Quoi de mieux qu’un « concours de chants » ?
La France, quel boute en train, fut l’un des sept pays fondateurs avec l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume uni.

Notre première participation a donc eu lieu en 1956 avec deux morceaux (ce qui était légion à l’époque) :

Mathé Altery avec « Le temps perdu »

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et Dany Dauberson avec « Il est là ».

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Mais c’est finalement la Suisse qui remporte le concours avec Lys Assia.

Notre première victoire fut en 1958 avec André Claveau qui interprètera « dors mon amour »

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Et c’est ainsi que nous frôlerons chaque année la place numéro 1 ! Mais pas que  puisque nous la gagnerons à nouveau en 1960 et 1962. Autant dire que nous étions pionnier, favori et plein de grâce !

Jusqu’au gros crash de 1966 ou Dominique Walter interprète « Chez nous » et nous atteignons la 16eme place avec une total de 1 point..aie !

dominique walter

Regard de Serial Killer

À noter que cet interprète a eu dans sa discographie 7 chansons écrites par Serge Gainsbourg, des textes tendancieux et aux allures misogynes selon les critiques de l’époque, ce qui a également joué dans sa courte carrière d’artiste. Vous connaissez surement « les petits boudins » ? non ?
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La femme a une place toute particulière dans le rôle de boudin, mais, j’imagine qu’il ne faut pas le prendre au 1er degré. J’imagine…

Laissons les boudins de côté et penchons-nous sur la suite !

frida boccaraFrida Boccara nous relève la tête avec son morceau » Un jour un enfant » dirigé par l’illustre Franck Purcell. Cette apparition remarquée à l’eurovision, éleva sa carrière au rang international. Nommée chevalier des arts et des lettres, Frida connaitra une belle carrière couronnée de succès, disque d’or de platine, concerts internationaux…..

 

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En plus de porter la France jusqu’en première place elle donne tout son sens au plus populaire des concours de chant.

marie-myriamPuis c’est au tour de l’année 1977 avec son très célèbre « l’oiseau et l’enfant » de Marie Myriam qui a marqué des générations et que l’on considère encore aujourd’hui comme une référence de « la belle victoire de la France à l’eurovision ». Pour plusieurs raisons; la chanson est bien écrite, l’interprète se débrouille bien, et surtout c’était notre dernière victoire… (et bim !)

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Nous flirterons encore avec le podium jusqu’en 1981 puis notre classement chute et chute et chute… C’est en 1990 que Gainsbourg nous remonte en 2eme position, avec « white and Black blue », un tube qui sera resté sur nos ondes plusieurs décennies.

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Suivit de près en 1991 par Amina qui interprétait « Le dernier qui a parlé qui a raison » un titre aux allures orientales, dont personnellement je n’avais jamais entendu parlé….(désolée pour le jeu de mot)

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Je me permets de faire un bon entre 1991 et 2014, car cela ne sera qu’un enchainement de mauvais classements. Malgré quelques petits sursauts, je serais mal à l’aise de parler de la prestation, par exemple, de Patrick Fiori en 1993 avec « Mama Corsica » (Je ne dois pas avoir la même Mama Corsica..) ou de Natacha Saint Pier en 2001 qui nous soufflait « Je n’ai que mon âme » (qui a définitivement disparu de mon paysage musicale depuis le massacre de l’air de Chérubin des noces de figaro de Mozart).

Bref ! je saute, je plonge, de zappe et j’atterris en 2014 (Tadam) !

Abasourdissante défaite de 2014 avec le Groupe Twin Twin et le morceau « Moustache ».
3 coupes de cheveux, 3 looks, 3 notes et 3 fausses notes… chez-studio-canal-on-a-pas-cru-a-intouchables_w525

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Et oui l’union européenne ne s’y est pas trompée ! Un arrangement très proche des compositions de Stromae (manque d’inspiration ?) et des paroles faciles et sans substances.. Il me semble que ce sera notre défaite la plus populaire (je vois l’aspect positif…). Comment pouvais-ton penser gagner ? Certes la fraîcheur du groupe aurait pu être un argument, mais si la fraicheur n’est en fait que du vent, il fait froid et c’est tout ! (oui je sais pour le jeu de mot…)

Cette année, fort de l’échec précédent, on a mis la fraicheur et la nouveauté au placard ! On a tenté de choisir un texte poignant avec un sujet triste à en pleurer. Résultat ? On pleure… Lisa Angell, nous offre une chanson qui parle d’amour de guerre et de sang séché, « n’oubliez pas » (franchement je promet rien).

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Sur des accords poussiéreux, on retrouve avec cette nouvelle participation, la vague : « je suis jeune mais je suis vieillotte ». Quitte a chercher du vieillot, prenons-en du bon ! lisez Schnock magazine et régalez-vous d’une jolie compilation des plus belles chansons d’amour de 1910 ! (Par exemple) ou réécouter, à la rigueur, les chansons gagnantes des années passées.
Cette fois ci on fait un combo de tout, ce qui à mon sens, n’est pas le mélange gagnant. Mais je demande à voir, aussi serais-je surprise ? et dans l’erreur. (on prend les paris ? allezzzz !)

C’est très simple pourtant, des milliers de jeunes français talentueux, que ce soit dans les bars, dans la rue dans des scènes locales, nous procurent plus de sensation, nous offrent plus de qualité et de travail (je ne parlerais pas des télés crochets divers et variés que nous propose la TNT, c’est trop douloureux).

Mon eurovision à moi ce fera avec cette scène méconnu, ou avec une jolie pépite que Zikarennes vous proposait dans son cru.

Allez, pour finir sur une note » positive » un youtubeur a fait un gros travail de compilation de tous les gagnants de l’eurovision entre 1956 et 2014 ! C’est intéressant de voir l’évolution musicale sur ces 58 années passées.

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A bientôt, Bis bald, See you soon, Arrivederci, a prestu…..

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Baila, amigo!

On évoque beaucoup Cuba dans l’actualité avec la tentative de normalisation de ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Zikarennes vous propose donc une immersion sonore dans le paysage musical de l’île en forme de crocodile.

La musique cubaine trouve sa source dans la fusion des cultures espagnoles, françaises, africaines et indiennes, à dose plus infinitésimale car la persécution et l’extermination de ces derniers a fortement diminué leurs influences. Divers courants se rassemblent sous l’appellation « musique cubaine »: du son des papys du Buena Vista Social Club, immortalisé par Wim Wenders, au dancehall très en vogue chez les jeunes générations, en passant par le danzón, le mambo, la trova (chansons romantiques ou révolutionnaires), la rumba afro-cubaine, la timba, la guaracha (chansons burlesques et satiriques pour choeurs et soliste souvent sous forme de questions-réponses), le cha-cha-cha

Feu Compay Segundo du Buena Vista Social Club

Feu Compay Segundo et Omara Portuondo du Buena Vista Social Club qui remit Cuba sur le devant de la scène internationale.

Il existe peu de pays dans le monde où la musique soit aussi présente. De La Havane à Santiago, les notes s’échappent des arrière-cours des bâtisses coloniales, des autoradios des vieilles américaines, des temples de santeria où les tambours rythment les cérémonies, des lecteurs CD autour desquels les adolescents chantent et dansent, des bars et restaurants où les groupes jouent en live les tubes « chan chan » ou « guantanamera ».

Le son cubain, né à la fin du XIXème dans l’Oriente, est fondé sur un rythme à quatre temps. Dérivé du changui qui lui confère son origine paysanne, il est joué par un trio: un tres, un bongo et une marimbula. Il ne cesse d’évoluer au gré des lieux et des époques en fusionnant avec d’autres rythmes sans renier ses racines. De trois musiciens, les orchestres souvent militaires passent à six (Sexteto) puis sept (Septeto) avec l’arrivée de la trompette: Sexteto Habanera, Septeto Nacional…

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Le son est l’ancêtre de la salsa et de la timba dont les plus fervents représentants sont les musiciens du groupe Los Van Van. Le terme générique salsa est plus utilisé par les touristes que les cubains. Il signifie sauce en espagnol et rassemble plusieurs rythmes et courants musicaux. Les confusions entre salsa cubaine et portoricaine (Ray Barretto, Tito Puente…) sont fréquentes. Le brassage musical et les performances entre musiciens comme ci dessous la cubaine Celia Cruz et le portoricain Ray Barretto n’arrangent pas les choses. Ce savant mélange creuse le sillon de la scène boogaloo new-yorkaise dans les années 60.

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Le grand chanteur-compositeur à la voix de ténor Beny Moré modernise le son, après un séjour au Mexique, et le fusionne avec le mambo et le boléro dans les années 50. La tradition encore vivace à Cienfuegos, berceau du chanteur, veut que les musiciens versent quelques gouttes de rhum sur le sol pour abreuver celui qu’ils considèrent comme el barbaro del ritmo (le barbare du rythme).

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La musique est une forme d’évasion pour les fermiers espagnols en provenance d’Andalousie et les esclaves africains après une journée de travail dans les champs et les plantations de tabac et de sucre. La guitare devient l’instrument emblématique de la guajira, une sorte de blues cubain. Au début du 20ème siècle, les plus talentueux quittent leur campagne pour la ville et certains comme Guillermo Portabales enregistrent même des chansons.

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La rumba, plus percussive, est la plus africaine des musiques cubaines même si ses origines mélodiques sont attribuées aux andalous. Née dans la province du Matanzas à la fin du XVIIIème, elle se joue n’importe où dans la rue et avec n’importe quoi: le plus souvent un tambour (conga, bongo…) mais une cuillère, un tiroir, une boîte font largement l’affaire. Parmi les nombreux courants de rumba, on retient 3 styles toujours pratiqués: le guaguanco, le yambù et la columbia.

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La musique cubaine connaît son apogée au milieu du XXème siècle avec l’explosion du mambo et du cha-cha-cha. En 1959, à la veille de la révolution, alors que Cuba la décadente vit les dernières heures de l’ère Batista, les orchestres jouent partout dans les casinos, les hôtels, les bars et les boîtes de nuit. Il faut remonter jusqu’au XVIIIème siècle et la fuite d’Haïti vers l’Oriente des colons pour trouver les racines françaises du brassage musical cubain. Ils apportent avec eux la contredanse (sorte de country française) à l’origine du danzon. Jouée en trio (piano, flûte, violon) puis en charanga, elle s’africanise pour devenir ensuite, dans une version plus syncopée avec le contrebassiste Israel « Cachao » Lopez, le mambo (popularisé par Perez Prado) et dans une version moins rythmée le cha-cha-cha.

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Le jazz et l’improvisation découlent du pont musical établi au XXème siècle entre La Havane et New Orleans qui relie entre elles le jazz nord-américain, les théories européennes et les percussions afro-cubaines avec comme représentant le groupe Irakere fondé par Chucho Valdès.

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Le hip hop cubain connait aussi son heure de gloire avec un petit scandale digne des meilleurs rendez-vous avec X sur France inter: En 2002, le gouvernement omnipotent crée une agence cubaine du rap pour surveiller un milieu calqué sur la culture américaine et promouvoir les artistes dont le message correspond à la ligne officielle du parti au mépris de la scène underground plus virulente à son égard. En souterrain, la plupart des disques sont faits maison et les lieux de concerts sont tenus secrets jusqu’au dernier moment. L’agence américaine pour le développement international a rapidement compris que le terreau était très fertile pour lancer une révolte anti-castriste chez les jeunes cubains. Elle a alors financé des festivals, la création d’un tweeter cubain Zunzuneo (tentative soldée par un échec) et aidé à la promotion des rappeurs critiques envers la politique du gouvernement de Raul Castro dont le groupe Los Aldeanos qui a déclaré plus tard ne pas être au courant des ingérences del tio Sam. Le gouvernement cubain par nature soupçonneux, lui, s’est très vite douté des intentions de son meilleur ennemi et est parvenu à contrecarrer les plans américains.
La scène hip hop compte dans ses rangs de bons groupes qui fleurent bon el ron y el puro tels que Obsesion ou Orishas.

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Aujourd’hui les jeunes générations ne jurent que par le cubaton, sorte de reggaeton chanté (vocodé) en espagnol par de jeunes hommes très bien coiffés et illustré dans les clips avec des jeunes filles très court-vêtues… !Qué calor! Mesdames, mesdemoiselles, Zikarennes vous offre un cours de danse gratuit pour mystifier vos copines sur le dancefloor:

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Ne nous remerciez pas, c’est cadeau!

Vous trouverez de nombreux documents sonores, audiovisuels et imprimés qui illustrent le joyeux métissage de la culture musicale cubaine dans les rayons des bibliothèques de Rennes. Faîtes vos recherches ici. Le pôle musiques de la bibliothèque des Champs Libres vous propose également une table thématique pour découvrir ou re-découvrir quelques grands noms de la musique cubaine.

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L’homme et l’animal – playlist de mars

En janvier, la Bibliothèque des Champs Libres a ouvert son cycle « L’homme et l’animal ». Pendant tout le premier semestre 2015, vous pourrez découvrir un parcours illustré par Jean-François Martin (également auteur de l’affiche), une fresque à colorier géante signée Benoît Morel dans l’espace Jeunesse, un livret de jeux, un quiz Cinéma au cinquième étage et d’autres rencontres et animations à retrouver sur le site des Champs Libres.

L'affiche de Jean-François Martin

L’affiche de Jean-François Martin

A cette occasion, les bibliothécaires vous proposent également des sélections de livres, disques et films regroupés sur Pinterest.

Sur ce blog, notre troisième playlist est consacrée à la musique classique dont de nombreuses oeuvres s’inspirent des animaux. Cette playlist a été réalisée grâce notamment à une discographie de la Médiathèque de la Cité de la Musique. Vous pouvez retrouver la fiche complète sur leur site.

Et notre animal préféré, me direz-vous ? Que devient Moumout le cochon d’Inde bionique de la Mezzanine ados ? Et bien Moumout souffre…

Moumout le robot au temps de sa splendeur

Moumout le robot au temps de sa splendeur, souvenez-vous…

Notre robot préféré est en pleine convalescence suite à une fracture multiple de la roue droite AVEC complications. Comme il l’indique sur sa page Facebook (officielle, méfiez-vous des contrefaçons), il a regagné son foyer natal, le club de robotique de Rennes 1, en vue d’un check-up complet avec remise sur papattes à grand renfort d’imprimante 3D façon le hamster qui valait trois milliards.

Alors certes, Moumout arrive encore à twitter de temps en temps mais on sent bien que c’est la pudeur qui le retient de nous conter l’étendue de ses souffrances…

Aussi, pour finir ce post, je n’aurai qu’un mot : courage Moumout ! Et bien sûr, on se quitte avec un air de circonstance, une musique écrite SPECIALEMENT pour les cochons d’Inde qui souffrent (si, si, préparez vos mouchoirs, c’est poignant) :

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Un peu de guitare

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Un peu de guitare ou même beaucoup avec Craig Sutton. Sous le pseudo de The Flamenco Thief, ce musicien anglais semble bien décidé à se faire entendre : il revendique 218 dates pour la seule année 2014 ! Passé par l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dans les bars et les salles de concerts comme dans les appartements, il tourne actuellement dans nos contrées.

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Se produisant en solo, Craig Sutton propose une musique basée sur les techniques de guitare flamenca mais qui n’est plus du flamenco. Son utilisation d’une pédale de loop lui permet d’associer des rythmes modernes (ska, hip-hop ou swing manouche) à son jeu. Il utilise aussi les percussions comme dans  cette vidéo :

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Vous pourrez l’entendre à Rennes ce vendredi 6 mars au bar le Papier Timbré (39 rue de Dinan, près du Vieux St-Etienne). C’est  à 20 h 30 et c’est à prix libre.

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All that Jazz ! Le jazz au Conservatoire de Rennes

Classique le Conservatoire ? Pas que ! Depuis une dizaine d’année, un enseignement du jazz est proposé à qui veut s’inscrire. Apprentissage mais aussi performance en public : les concerts des élèves et des enseignants sont intégrés à la programmation culturelle de l’établissement. Le centre de documentation n’est pas en reste, avec un fonds de CD, DVD, partitions et d’ouvrages de référence, accessible à tous les publics pour consultation.

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Nous avons demandé aux enseignants du département Jazz du Conservatoire à rayonnement régional de répondre à quelques questions.

Le département jazz au Conservatoire, c’est quoi ? C’est qui ?

Nous dispensons un enseignement du Jazz à différents publics à travers un cursus complet allant du cycle 2 au COP (cycle d’orientation professionnelle), mais aussi des ateliers d’initiation pour les jeunes élèves en cursus classique ainsi que des ensemble hors-cursus à l’attention des amateurs. les élèves en cursus diplômant bénéficient de cours d’ensemble, de cours théoriques et de cours d’instruments. Nous sommes 5 professeurs respectivement spécialisés en piano (Pascal Salmon), batterie (Stéphane Stanger), saxophone (Jacques Ravenel), guitare (Erwan Boivent) et contrebasse (Cédrick Alexandre).

Comment y entre-t-on?

Sur audition en début d’année.

Pour les amateurs, comment ça marche?

Nous partageons avec la MJC Bréquigny 2 ensembles Hors Cursus à destination des amateurs.

Où peut-on vous voir et vous entendre?

Des concerts/jam sessions faisant entendre les ensembles de la classe de jazz ont lieu 1 fois par mois (mardi soir) à la MJC Bréquigny. Le prochain aura lieu le mardi 24 mars.

D’autres dates à venir ?

Un concert mêlant les élèves des classe de Jazz et MAA (musiques actuelles amplifiées) sur des compositions de Benoît Sourisse et André Charlier aura lieu le 9 avril à la MJC de Bréquigny avec laquelle nous sommes en partenariat. Ce concert sera l’aboutissement d’un travail sur ce répertoire en collaboration avec les compositeurs André et Benoît.

Conservatoire de Rennes - Saison 2014/2015

Un  concert des élèves aura lieu le 22 mai au Tambour (Université Rennes2) en collaboration avec le CFMI. Ce sera l’occasion pour eux de faire entendre le travail effectué avec la chanteuse Laurence Saltiel au cours de plusieurs rencontres dans l’année. La 2nde partie du concert fera entendre l’équipe enseignante de la classe de jazz accompagnant Laurence sur son répertoire.

Conservatoire de Rennes - Saison 2014/2015

Le dernier coup de chœur discographique?

Mehliana (Brad Mehldau & Mark Guiliana) : Taming the Dragon

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Brian Blade and the Fellowship Band : Landmarks

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Pour finir, les enseignants nous ont fourni la discographie proposée aux étudiants dans le cadre de leur cursus. Les documentalistes du Conservatoire en ont fait cette playlist :

All that jazz by Conservatoire de Rennes on Grooveshark

 [Matthieu et Nicolas-Conservatoire]

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Si je vous dis Patrick ?

…à qui pensez-vous en premier ?

C’est sans doute une question de génération. J’ai moins écouté Patrick Bruel que Patrick Fiori. M’enfin les deux braillaient souvent des paroles similaires à base d’amour et d’eau fraîche.

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(oui, la cover Youtube fait partie du charme)

Peut-être avez-vous pensé à Patrick Juvet ? Ou alors au bon vieux Patrick Swayze dans Dirty Dancing. Si vous avez dit Patrick Sébastien, c’est dehors, direct.

Bref. En attendant la Saint-Patrick le 17 mars, Zikarennes vous propose une playlist à base de Patrick à toutes les sauces. Cependant, pour varier, on a quand même mis un peu de musique irlandaise – mais de la bonne, promis.

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Celtic Thunder, Heartland

Fête de tous les Patrick by zikarennes on Grooveshark

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