Etonnant non ?!

… comme disait l’ami Desproges!

Vous êtes lassés par les festivals d’été avec leur programmation sans originalité (Qui n’a pas vu Stromae, Fauve, Skip the Use, Shaka Ponk ou Detroit cet été lève le doigt !), fatigués par les méga-concerts géants dans les stades, blasés par les petites barriques à bière qui viennent vous hurler dans les oreilles et les grandes perches qui se postent pile poil devant vous (à quand un mur de la mort dans les concerts avec les grands d’un côté et les petits de l’autre ?)

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Soucieux de votre bien-être, de vous détendre et de libérer votre imagination pour vos prochains shows, Zikarennes vous propose une rapide virée excentrique et musicale à travers des lieux insolites. Les salles de concert vous paraitront bien académiques après ça…

1. Concert des Cramps dans un hôpital psychiatrique

Le 13 juin 1978, le groupe de psychobilly punk américain, alors en pleine tournée, joue gratuitement un concert d’anthologie à l’hôpital psychiatrique de Napa en Californie et crée ainsi l’un des événements les plus chaotiques et étranges de l’histoire du rock. Les spectateurs sont, au départ, médusés et errent dans la salle. Mais la mayonnaise prend rapidement lorsque Lux Interior s’adresse à la foule : « Nous sommes les Cramps, nous venons de New York et nous avons parcouru 5000 kms pour jouer pour vous. » Un spectateur lui répond alors: « Va te faire foutre ! » Et Lux Interior, de se mettre définitivement le public dans la poche en rétorquant: « Quelqu’un m’a dit que vous étiez fous mais je ne suis pas sûr de cela. Vous me paraissez tout à fait normaux ! » Quelques patients montent alors sur scène et commencent à danser un pogo dans une vraie communion entre musiciens et public.

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2. Johnny Cash dans les prisons d’Etat de Folsom et San Quentin

Le 13 janvier 1968, le chanteur country Johnny Cash enregistre, accompagné par son groupe, June Carter et Carl Perkins, le premier disque en public dans une prison : celle de Folsom en Californie. L’idée avait germé dans la tête du chanteur dès 1955, année de l’enregistrement de la chanson Folsom prison blues mais n’avait pu être concrétisée à cause de problèmes d’addiction et de soucis avec la justice. Censuré dans un premier temps, l’album connait rapidement un succès d’estime. Il récidive l’année suivante le 4 juin 1969 avec la même bande dans la prison d’état de San Quentin toujours en Californie où il s’était déjà produit à deux reprises. L’enregistrement est réalisé sous tension comme l’indique le célèbre doigt d’honneur adressé aux techniciens de la chaîne télé et les réactions des prisonniers aux morceaux évocateurs… « San Quentin, may you rot and burn in hell »

Cliquez sur le doigt de Johnny Cash pour écouter un extrait du concert enregistré à la prison de San Quentin en 1969.

3. U2 sur un toit de Los Angeles

En 1987 sort The Joshua tree, le 5ème album du groupe irlandais U2. La chanson d’ouverture s’intitule Where the streets have no name et raconte la ghettoïsation religieuse et économique des habitants de Belfast. Le clip est tourné sur le toit d’un magasin de Los Angeles lors d’un concert supposé clandestin. On apprendra plus tard que le groupe avait obtenu l’autorisation de jouer. Malgré ce manque d’authenticité, l’idée s’avère payante et le réalisateur du clip remporte un Grammy Award en 1988. U2 ne possède finalement aucun mérite puisqu’il a chipé le concept au Jefferson Airplane et aux Beatles qui avaient déjà eu la même idée 19 ans auparavant.

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4. Arcade Fire dans un ascenseur

Les désormais célèbres concerts à emporter de la Blogothèque, boîte de production et site musical, sont légion sur la toile. Le site a frappé fort ce jour de mars 2007 en filmant le groupe canadien Arcade Fire dans un ascenseur. Les musiciens interprètent Neon bible, morceau qui figure sur l’album éponyme. Vous pouvez (re-)découvrir le récit de ce moment particulier sur le site de la Blogothèque.

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5. Les Pussy Riot dans une cathédrale moscovite

Le 21 février 2012, les 5 membres du collectif féministe et écologiste russe pénètrent dans la Cathédrale du Christ Sauveur pour y réciter une version punk du Te Deum en suppliant la Vierge Marie de chasser Poutine du pouvoir : « Vierge Marie, mère de Dieu, chasse Poutine, chasse Poutine, chasse Poutine ! » Deux d’entre elles ont purgé 2 ans de prison pour hooliganisme et ont été amnistiées par Poutine, bon tsar…

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6. Pink Floyd dans les arènes de Pompéï

En 1972, le réalisateur Adrian Maben propose au groupe de tourner un anti-woodstock : un concert filmé sans public et dans un lieu atypique. Au cours d’un voyage en Italie, il avait été subjugué par le site de Pompéï et l’acoustique de son amphithéâtre à la tombée de la nuit (il a été saisi par les insectes et les chauve-souris volant au milieu des ruines). Les musiciens acceptent à une condition : être filmés en prise directe et jamais en play-back. Ils jouent deux morceaux récents : Echoes et One of these days sortis sur l’album Meddle et font renaître A saucerful of secrets.

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7. IAM devant les Pyramides de Gizeh

Le 14 mars 2008, les rappeurs marseillais (avec Freeman) se font plaisir et fêtent les 20 ans d’une carrière prolifique au pied des Pyramides de Gizeh en Egypte : « Vous êtes ce soir sur le lieu à la fois le plus fantastique et le plus illustre du monde : ce plateau de Gizeh, où se dresse à jamais le plus haut témoignage des hommes. Le rideau de la nuit va s’entrouvrir sur la scène où s’est joué le drame d’une civilisation. Les personnages sont en place depuis l’aube de l’histoire, entêtés contre le sable et le vent… » Ils promettent alors d’être toujours là dans 10 ans (sans Freeman) et de les retrouver sur la muraille de Chine en 2018. Un engagement symbolique puisqu’au-delà de leurs délires pharaoniques, les membres du groupe ont toujours affiché ostensiblement leurs influences asiatiques.

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8. Le concert pour la paix dans la bande de Gaza

Le 3 mai 2011, le chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboïm dirige un concert pacifique et apolitique au centre culturel al-Mathaf, au nord de la ville de Gaza sous blocus israélien depuis 2006. Il est entouré de musiciens issus de différents orchestres européens (Staatskapelle et Philharmonique de Berlin, Philharmonique de Vienne, Orchestre de Paris et Scala de Milan). L’évènement est organisé par des ONG palestiniennes en coopération avec l’ONU. Le concert a débuté avec les notes de la Petite musique de nuit, suivie de la Symphonie N°40 en sol mineur de Mozart qui a servi de mélodie à la chanson Ya Ana Ya Ana de la Libanaise Fairouz, idole de la chanson dans le monde arabe et notamment chez les Palestiniens.

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9. Rage Against the Machine devant Wall Street

RATM est un groupe connu pour ses engagements politiques (Free Tibet, Mumia-Abu Jamal, Woman alive…) et sa lutte contre le système américain jugé impérialiste et oppresseur. Un de leurs plus grands faits d’arme reste le tournage par Michael Moore du clip du titre Sleep now in the fire de l’album The battle of Los Angeles qui obligea la bourse de Wall Street pour la première fois depuis la crise de 1929 à fermer ses portes.

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10. Yann Tiersen face à la mer à Ouessant

Yann Tiersen a offert un beau cadeau à Ouessant et à ses amis d’Ilophone, le festival de musique insulaire dont il est le parrain. Il a lancé son huitième album, Infinity, sur la pointe de Pern, l’un des sites emblématiques de l’île d’Ouessant, face au phare de Nividic. Le lieu juste désigné par ses coordonnées GPS : 48° 27′Nord et 5° 8′Ouest a été tenu secret jusqu’à la dernière minute à cause de la fragilité du site. Le thème central de l’album est la pierre, matériau apprécié par le musicien.

Cliquez sur la photo pour voir le concert sur Arte

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11.Træna, le festival du Nord

Træna est un festival organisé chaque été depuis 2003 sur une petite île norvégienne dans le cercle polaire. Il faut cinq heures de bateau pour y parvenir, et une fois là-bas, on y perd tout repère temporel puisqu’il n’y fait jamais nuit. On peut y voir des concerts dans des grottes, sous des tentes ou sur des bateaux de pêcheurs.

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12. Toi devant le miroir de ta salle de bain

Parce que, comme le dit Michel Sardou, tout le monde est star…

Toi aussi chope le mic et chante dans ta salle de bain… et n’oublie pas de cliquer sur l’image !

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A vous de jouer : le tube de l’été !

Ils sont partout… ils vous guettent au coin de votre bar préféré, dans les rayons du supermarché entre le fromage et le yaourt, ils sont mêmes dans le bus ou encore sur les ondes ! Ce sont … ce sont ……
LES TUBES DE L’ÉTÉ !

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Les tubes de l’été ne sont pas nés de la dernière pluie, puisque le terme apparaît en 1960.

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Le premier tube de l’été recensé en France n’est autre que J’entends siffler le train de Richard Anthony en 1962.

Puis les années passent et nous entendrons Joe Dassin, Mike Brant, Jackson 5 , Bee Gees, Boney M … et même Boris !

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Ou en sommes-nous aujourd’hui ? Depuis quelques années, nous sommes sur des tubes aux allures latino, à la danse facile et accessible.

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Nous avons connu un gros boum dans les années 90 avec La Macarena notamment ! Plusieurs années durant, les tubes de l’été jouaient des coudes.  Lequel d’entre eux sera le mieux dansé et le plus « caliente » ? En 2014, la tendance est au tropical, à la plage, à la fête, la chorégraphie à reproduire à chaque soirée de camping semble avoir plus ou moins disparue mais l’ambiance reste festive.

Et vous ? Vous adorez ça et vous n’en n’avez jamais assez ? Ou bien vous les subissez et vous vous ruinez en bouchon d’oreilles ? Zikarennes vous apporte LA solution.

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Et oui ! Pourquoi ne pas créer votre propre tube de l’été ? Si si c’est possible, c’est facile !

Voici quelques bons tuyaux :

La bonne humeur sera l’ingrédient principal, et oui il faut que cela reste « punchy » et frais, si vous avez des envies de chauve-souris et de roses noires ça ne va pas le faire…
Ensuite, de très très très basiques notions de musique (un ou deux accords suffiront).
Savoir dire deux ou trois mots en espagnol ou en anglais. N’oubliez pas de rester dans le registre de l’été ! Par exemple privilégiez , « Sun » et « Caliente » plutôt que « Pudding » et « cabellos ».
Une petite chorégraphie facile peut être appréciée mais là c’est à vous de voir…
Si possible allez jusqu’à tourner un clip ! Même conseil que précédemment, tournez plutôt à la plage qu’à l’air de repos d’autoroute, sauf si il y a un parti pris esthétique mais … on parle de tube de l’été quand même.
Voilà pour la base.

Toujours pas convaincus ?mouais

Dans ce cas je vous propose pour illustrer parfaitement tous ces conseils, de jeter un œil à la très bonne vidéo pleine d’humour du jeune PV Nova reprenant point par point les ingrédients d’un bon tube de l’été. Léa nous en parle dans son article « Les expériences musicales de PV NOVA« 

Entrons maintenant dans le vif du sujet : la musique !
Rien de tel pour une mélodie efficace et entêtante que les 4 accords magiques.
Mi majeur – Si majeur – Do# Mineur – La majeur
Ces quatre accords ont la particularité de bien s’accorder ensemble et de faire des compo’ efficaces, peu importe ce que vous en ferez. Ils sont la base d’un très grand nombre de morceaux connus, ça en est même un peu effrayant !

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The Aaxis of Awesome, groupe de rock australien, illustre parfaitement le pouvoir de ces 4 accords dans la vidéo suivante. En jouant ces 4 mêmes accords plusieurs minutes durant et en changeant à peine le rythme ils vont pouvoir interpréter plusieurs tubes à la suite. Image de prévisualisation YouTube

Convaincus ? Voici le résultat que vous pourriez atteindre grâce à tous les conseils de PV NOVA :

http://www.dailymotion.com/video/x21iv78

D’autre ont bien compris « le truc » ils ont même rajouté une dimension ironique au clip : il s’agit du groupe franco- new yorkais Super Hot, et dans un registre street style et danse endiablée.

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Vous avez toutes les clefs en main pour faire un « méga tube of summer » !

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Si cet article vous a donné des envies de créations, je vous invite à visiter le site inbflat.net qui propose une mosaïque de vidéos correspondant à un instrument jouant sur une même tonalité, c’est à vous de jongler avec ces minis vidéo et d’en faire la composition que vous souhaitez… en plus d’être original ça en est presque relaxant :-)

Et surtout… si vous avez fait vos propres tubes montrez nous ça ;-)

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Bel été sur ZIKARENNES !

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Summer vibes !!!

Pour une fois, l’ensoleillement aura duré plus de trois jours en Bretagne et ce n’est pas les « miss météo de Canal » qui prétendront le contraire… L’occasion pour Zikarennes de mettre en avant deux récentes sorties d’album aux sonorités reggae: Dernier appel de Tiken Jah Fakoly et Twice de l’anglaise Hollie Cook.

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Depuis Cours d’histoire sorti en 1999 (déjà!), l’Ivoirien ne varie pas son discours altermondialiste, positif et militant d’un iota sur une Afrique au tournant de son histoire: « Quand l’Afrique va se réveiller, ça va faire mal ». On pourrait craindre la redondance mais ce serait faire fi de l’imagination du bonhomme: la présence de featuring de haute volée (Alpha Blondy, Nneka, Patrice), quelques oscillations soul et l’utilisation d’instruments traditionnels mandingues (yabara, kamele n’goni) apportent leur lot d’innovation. A noter la reprise du tube roots de Max Romeo War ina Babylon.

Hollie Cook - 'Twice'

Cliquez sur la pochette pour écouter l’extrait « Win or lose »

Hollie Cook n’est pas seulement une fille de (Paul Cook, batteur des Pistols et Jennie Matthias, chanteuse des Belle Stars) mais une talen-tueuse chanteuse de… tropical pop sunshine (parait que c’est elle-même qui le dit mais la presse néo-vintage hipster à moustache est trop contente de s’emparer du terme parce qu’écouter du reggae ça craint!). Certes teinté de nuances soul et pop, de cordes, de percussions brésiliennes, de chorale d’orchestre, c’est pourtant bien un deuxième album sensuel, intime et mélancolique de reggae roots que la Londonienne sort sur le label Mr Bongo avec son complice de toujours, le producteur Prince Fatty. Dennis Bovell (LKJ, The Slits…) et le compositeur français Barth sont aussi aux manettes. Le premier titre est dédié à Ari Up, la chanteuse défunte de The Slits, groupe phare des années punk pour lequel la jeune Hollie inclut les choeurs suite à sa reformation en 2009.

N’hésitez pas à emprunter et faire tourner ces deux galettes tout l’été… et plus si affinités!

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Les expériences musicales de PV Nova

Sur Youtube, on trouve de tout, un peu de sérieux, beaucoup de LOL. Mais quand on trouve une série de vidéos qui sont à la fois rigolotes et très instructives, on les garde sous le coude avec précaution.

C’est le cas des expériences musicales de PV Nova, musicien et humoriste, qui nous propose depuis 2011 de décortiquer des styles musicaux, à travers leurs clichés et leurs petites habitudes. Instruments de musique en main, il recompose en quelques minutes des samples de blues, variétoche française, punk-pop ou encore zouk-dance.

Et il vise souvent juste, le vilain. Par exemple, comment faire un tube de l’été ?

 http://www.dailymotion.com/video/x2091k1

Les expériences musicales, ce ne sont pas juste des vidéos rigolotes, il y a de vrais bouts de théorie musicale dedans : l’enchaînement des accords, les sons des instruments, les techniques de guitare, le rythme et les méthodes de composition. Pour autant, pas besoin d’être musicien pour comprendre de quoi il parle, tout est bien expliqué. Idéal pour se développer une oreille musicale. Et parfois même des invités prestigieux viennent accompagner ce musicien touche à tout.

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Il y a actuellement 21 vidéos, que l’on peut écouter à la suite sur Youtube, les premières étant les plus récentes et les mieux enregistrées. En plus de ça, pour ceux qui s’intéressent au matériel utilisé, PV Nova donne des informations sur son blog sur les instruments et logiciels de montage.

La notoriété de PV Nova sur le net ne fait que commencer, on le retrouve en ce moment dans le comité des reprises orchestré par Canal Plus, dans plusieurs vidéos de Golden Moustache, et vous pouvez aussi écouter une interview. Ah et si vous voulez voir le clip du tube de l’été en entier, il est là.

Sur ce, je vous laisse avec une dernière vidéo qui fera plaisir à ma collègue Gwenvred : la musique de jeux vidéo !

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Le Civil Rights Act de 1964 en musique

Cette année, nous fêtons le 50ème anniversaire du Civil Rights Act du 2 juillet 1964, signé par le Président des États-Unis, Lyndon Baines Johnson. Cet acte déclare illégale la ségrégation alors en vigueur dans le pays, ainsi que les fameuses lois Jim Crow. C’est une des lois les plus importantes des États-Unis.

I am a manL’été 1964 a connu également un autre moment historique du mouvement des droits civiques : le Freedom summer, campagne menée par le SNCC, le comité de coordination non-violent des étudiants, un des principaux organismes de la lutte pour les droits civiques,  dans l’état du Mississippi afin de faire inscrire le maximum d’Africains-Américains sur les listes électorales.

vote 1La musique de cette époque, en particulier la soul, a largement contribué à faire passer des messages, à faire connaître la situation des noirs américains au plus grand nombre et a été une véritable arme pour les artistes souhaitant s’engager dans ce combat. J’ai donc souhaité fêter cet anniversaire en musique à travers 15 chansons.

1/ Strange fruit écrit par Abel Meeropol en 1937 et chanté pour la première fois par Billie Holiday. Ce poème qui dénonce le lynchage des noirs dans le Sud du pays est considéré comme l’une des 1ères manifestations du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis.

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2/ Oh freedom interprété par Odetta, une des grandes voix du mouvement des droits civiques, est un negro-spritual chanté au départ par les esclaves, suivi par On my way, chant militant traditionnel pour la libération des opprimés.

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3/ We shall overcome tiré d’un gospel de Charles Albert Tindley, l’hymne des marches organisées par le mouvement des droits civiques, interprété ici par Pete Seeger.

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4/ How I got over interprété par Mahalia Jackson mais écrit par Clara Ward suite à un voyage dans le sud des Etats-Unis où elle a été agressée par des hommes blancs outrées de voir des femmes noires dans une voiture de luxe. L’auteur a dû simuler une crise de possession démoniaque pour se débarrasser de ses agresseurs.

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5/ Follow the drinking gourd chanté historiquement par les esclaves pour décrire en langage codé la route permettant de fuir les états de l’Alabama et du Mississippi, interprété ici par Richie Havens.

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6/ Jim Crow blues écrit par Leadbelly qui dénonce les lois ségrégationnistes appelées Jim Crow en vigueur dans les états du Sud.

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7/ I wonder when I’ll be called a man écrit par Big Bill Broonzy qui se demande combien de temps il lui faudra attendre pour être considéré comme un homme.

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8/ Mississippi goddam composé par une des grandes militantes de la lutte pour les droits civiques Nina Simone. Elle a écrit beaucoup de chansons contestataires sur la situation des noirs aux États-Unis (To be young, gifted and black, Four women, Revoltion, …) mais celle-ci est devenue une des chansons emblématiques du combat. Nina Simone l’a écrite pour dénoncer à la fois l’assassinat de Medgar Evers (membre de la NACCP l’association nationale pour la défense des hommes de couleur) et l’attentat contre une église à Birmingham en Alabama tuant 4 enfants noirs.

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9/ A change is gonna come de Sam Cooke, un des titres les plus émouvants du mouvement des droits civiques par ses paroles à la fois d’une effrayante lucidité et en même temps d’une grande tolérance, complètement dans l’esprit de Martin Luther King, et également parce que son auteur assassiné en 1964 n’aura malheureusement pas eu le temps de voir ce « changement ». Totalement transcendant. L’interprétation de Otis Redding est également sublime.

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10/ The death of Emmet Till de Bob Dylan. Emmet Till était un adolescent africain-américain  assassiné pour avoir osé siffler une femme blanche en 1955 dans l’état du Mississippi. Son meurtre a été un des éléments déclencheurs dans la prise de conscience du combat à mener. Dylan a écrit aussi d’autres chansons contestataires comme The lonesome death of Hattie Caroll, Blowin’in the wind ou Only a pain in their game.

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11/I wish I knew how it would feel to be free écrit par Billy Taylor et Dick Dallas, encore une des chansons phares du mouvement des droits civiques dont l’interprétation la plus connue est celle de Nina Simone. Elle est ici chantée par Solomon Burke.

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12/Say it loud, I’m black and I’m proud composé par James Brown, chanson dans laquelle le Soul brother number one revendique sa négritude et demande aux jeunes noirs américains d’être fiers de leur couleur, d’avoir de l’estime pour eux-même et de se sentir pleinement hommes. Ce morceau va devenir l’hymne du parti des Black Panthers alors même que James Brown ne partage pas leurs idées, se plaçant plutôt dans le courant pacifiste mené par Martin Luther King assassiné l’année où la chanson est écrite, en 1968.

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13/ Dans Is it because I’m black? Syl Johnson s’interroge sur le thème de l’identité noire et nous donne une idée de ce qu’un noir peut ressentir dans une Amérique blanche. Cette chanson sera pas mal reprise et samplée notamment dans le hip-hop mais c’est Ken Boothe qui se l’appropriera le mieux.

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14/ Message from a black man des Temptations est une chanson militante proche des idées du mouvement des Black Panthers. Plusieurs fois reprise, The Heptones en ont fait une très bonne version reggae.

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15/ The revolution will not be televised de Gil Scott-Heron qui décrit sa chanson comme « une polémique agressive contre les médias de masse et contre l’ignorance par l’Amérique blanche de la dégradation progressive des conditions de vie dans les cités ».

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Oh Claude, Oh Toulouse !!!

Si jamais en ce bel été vous passez  par Toulouse ou si tout simplement vous avez envie de soleil, de chaudes vibrations n’hésitez pas à vous faire un petit shoot de Claude… Il suffit d’entendre sa voix pour se sentir là-bas, à la terrasse d’un café à  siroter un bon petit pastis au son des grillons.

Une manière de rendre hommage à ce grand bonhomme, disparu il y a 10 ans. C’est l’occasion aussi de découvrir ou redécouvrir sa vie, ses frasques, ses passions à travers plusieurs livres publiés cette année. Plusieurs portraits, pour plusieurs facettes :

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L’amant, chantre des femmes dans un beau livre illustré Claude Nougaro de Hélène Nougaro, sa dernière compagne. Celle-ci y a réuni de manière très respectueuse anecdotes personnelles, pages de carnets et dessins dressant un portrait attachant de l’homme.

Le père adoré mais trop absent dans J’entends encore l’écho de la voix de papa, un roman sensible et intime de sa fille (non pas Cécile !) Théa qui l’a accompagné dans ses derniers moments.

L’ami, copain de  tournée, de frasques dans Claude Nougaro : le parcours du coeur battant livre écrit par Christian Laborde que Nougaro présentait comme « mon frère de race mentale ». Ses compagnons de scène et amis, Richard Galliano, Bernard Lubat, Maurice Vander, Catherine Deneuve… y racontent leur Nougaro.

Et enfin le poète, fantastique jongleur de mots en reparcourant l’intégralité des parôles de ses superbes chansons dans le livre Dansez sur moi.

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Little Jinder : la découverte

Vu sur le Web, Josefine Jinder alias Little Jinder, 26 ans, suédoise,
auteure-interprète d’un genre différent.

Connue depuis 2008 sous le label américain Trouble & Bass  avec un Ep Polyèdre et un single « Youth Blood 12″ » elle tourne en Europe (Suède et Angleterre à priori) et aux USA.

Josefine Jinder

Josefine Jinder

On plonge dans un univers électro aux très légères touches de R’n’B avec une esthétique soit acidulée soit plus sombre. La voix de Josefine joue sur des sonorités fluettes ce qui lui donne des allures enfantines, avec un petit côté Cindy Lauper ou encore Kate Bush. Mais l’ensemble est loin d’être léger, elle nous offre une vraie patte et un univers musical bien calé et hypnotisant.
Josefine Jinder n’est pas très connue en France, mais cela ne saurait tarder ? Il est très difficile de trouver des informations en français sur cette artiste (vive les traducteurs en ligne) mais mon petit doigt me dit qu’un jour cela devrait changer.
La vidéo du morceau « Ful och trakig tjej » commence à gentiment se faire voir sur YouTube.

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Le morceau « Ful och trakig tjej » parle d’une jeune fille laide et ennuyeuse, sentiments personnels que Josefine a été chercher dans les souvenirs d’un moment de sa vie, parfaitement mis en musique ici.

Le clip a été fait en collaboration avec une jeune artiste photographe Avirda Byström dans un style acidulé, propre, froid, chirurgical et parfois dérangeant. A noter qu’Arvida Byström s’est fait connaitre dès l’âge de 16 ans grâce à une série de photos représentant les menstruations des femmes dans des scènes de la vie quotidienne. Josefine Jinder a toujours aimé et défendu le travail de la photographe, ce qui les amène logiquement à cette collaboration réussie.

Autre univers musical et  esthétique avec cette vidéo « Won’t look back » aux allures de real movie.Image de prévisualisation YouTube

Artiste à  surveiller ;-)

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Les albums de Monsieur The Ambassador sont toujours une réussite !

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La sortie de Afropolitan dreams, 3è album de Blitz the Ambassador est l’occasion de revenir un peu sur sa carrière.

Samuel Bazawule naît à Accra, capitale du Ghana, en 1982 dans une famille de 4 enfants. C’est en écoutant l’album It takes a nation of millions to hold us back de Public Ennemy qu’il se passionne pour le hip-hop. En 2001, il émigre aux États-Unis et enregistre lui-même son 1er EP Soul rebel en 2004. L’année d’après, il sort à nouveau un autre EP Double consciousness puis en 2009, il sort enfin son 1er album Stereotype où il nous donne sa vision personnelle du hip-hop, très métissée, qui emprunte beaucoup aux musiques africaines comme l’afro-beat et le highlife. Il repousse les limites du genre et ça fait du bien !

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Il monte un groupe le Embassy Ensemble, fonde son propre label Embassy MVMT et rejoint la « communauté » Okayplayer fondée par The Roots. En 2011, son 2è album Native sun sort en révélant au monde un grand artiste.

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Cliquez sur l’image pour écouter un morceau

Nous sommes conviés littéralement à un voyage, le 1er morceau s’appelle En-trance et le dernier Ex-itrance, où l’on se baladera notamment en Afrique, en France et aux États-Unis au gré des paroles et des invités : Les  Nubians, Keziah Jones, Chuck D, Baloji… C’est encore un album qui mélange les rythmes et les influences, plus abouti que le premier. Blitz the Ambassador déploie tout son talent et quel talent ! Ça ne ressemble à rien d’autre.

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Native sun est basé sur une section de cuivres composée d’une trompette, d’un saxophone et d’un trombone et c’est peu de dire que ça groove !

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Le 3è album de Blitz the Ambassodor, Afropolitan dream, reprend le même schéma avec un 1er titre The arrival et un dernier The departure, vocabulaire emprunté au langage aérien, à la manière d’un voyage entre deux continents.

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Le voyage dont il parle pourrait être le sien, celui qui l’a fait migrer de l’Afrique en Amérique, à New-York. Il nous parle d’intégration, d’un rêve africain (dollar and dream, déclinaison du rêve américain), des problèmes d’argent…

Les cuivres sont encore à l’honneur, son flow de plus en plus maîtrisé et des rythmes empruntés à l’afro-beat et au highlife. Comme sur les précédents albums, on a droit à de prestigieux featuring : Seun Kuti, Angelique Kidjo, le rappeur brésilien Marcelo D2 ou encore Nneka sur un titre plus-groove-tu-meurs, voire carrément c’est-le-tube-de-l’été !

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L’album se termine en beauté, sur une vision qu’on a envie de partager Africa is the future, chantée avec Oxmo Puccino, la chanteuse marocaine Oum et le groupe kényan Just a band.

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Le rappeur ghanéen nous offre toujours mieux à chaque album, maîtrisant toujours plus la production et les paroles. Il s’est vite imposé comme un acteur incontournable de la scène hip-hop en faisant exploser les frontières de ce genre, notamment en y mariant des beats africains et en y ajoutant des cuivres. Non seulement hip-hop is not dead mais en plus il a de beaux jours devant lui !

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Musique et courts-métrages d’animation

On trouve de bien belles pépites en naviguant à vue sur la toile. Les courts-métrages d’animation sont légion mais certaines œuvres sortent du lot par leur sensibilité et leur créativité. Zikarennes vous présente aujourd’hui sa sélection de courts, miroirs animés évocateurs et symboliques, faisant la part belle à la musique. Le premier s’intitule The maker. Il est produit par la compagnie américaine Zealous Creative et réalisé par Christopher et Christine Kezelos en 2011. Une étrange créature entame une course contre le temps pour accomplir la création la plus importante et la plus belle de sa vie. The maker explore les moments clés de la vie : le temps trop court passé avec les personnes aimées et la puissance vitale de la création artistique inspirée ici par le compositeur australien de musique classique Paul Halley. Ce court fut couronné de prix à sa sortie (22 au total) et on se dit, à sa vision (et son écoute), que les jurys ne s’y sont pas trompés.

Image de prévisualisation YouTube « La vie est ce que vous en faites : nous sommes tous des fabricants dans ce monde. »

Le second More est beaucoup plus pessimiste… et aussi plus ancien puisqu’il est réalisé en 1998 par Mark Osborne. Ce court raconte l’histoire d’un inventeur vivant dans un monde terne, routinier et déshumanisé qui puise son espoir dans sa mémoire et sa créativité. La bande sonore est un morceau instrumental troublant de New Order : Elegia paru en version courte sur l’album Low life en 1985. Il est composé en hommage au chanteur de Joy Division, Ian Curtis, suicidé en 1980. Déjà chargé d’émotions, il vient magnifier les images en leur conférant un sentiment nostalgique fort. Sa version longue de 17 minutes avait été publiée en 2002 dans le très rare coffret Retro. Vous pouvez l’écouter ici ou emprunter la version deluxe de l’album Low life dans les bibliothèques. Comme The maker, More a remporté plusieurs prix amplement mérités. La première fois que j’ai vu ce court il y a une dizaine d’année, j’ai réalisé qu’il n’était pas toujours nécessaire de faire un film de 3h pour condenser une sublime palette des émotions humaines. La mélodie de New Order et les cris de joie des enfants ont alors laissé une empreinte indélébile dans les tréfonds de ma mémoire.

Image de prévisualisation YouTube « Get happy! »

De plus en plus souvent les musiciens ont recours à l’animation pour la réalisation de leurs clips. Dans un précédent article, on vous avait parlé de l’excellente vidéo de Simon Gesrel et Xavier Ehretsmann qui illustre le premier morceau « Driving this road until death sets you free » de l’album A land for renegades du groupe électro français Zombie Zombie. Le scénario reprend à son compte, avec des figurines G.I. Joe, l’histoire de The thing de John Carpenter. Mais on peut aussi citer pêle-mêle des groupes comme Gorillaz ou The Organ. Les premiers se sont créé un univers graphique personnel lorgnant du côté des mangas et des comics qui enlumine le concept jusqu’aux pochettes d’albums.

Cliquez sur l’image pour visualiser le clip « Dare » de Gorillaz

N’hésitez pas, vous aussi, à nous faire partager en commentaire de cet article vos joyaux animés. Allez ! on s’en jette un petit dernier pour la route.

Image de prévisualisation YouTube « En avant la musique ! »

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Vos suggestions d’achats – Été 2014

Portrait de bande par Benoit Jammes

Portrait de bande par Benoit Jammes

Vous partez en vacances… avec la vieille titine de votre oncle Alphonse ?
Pas de lecteur CD ? Impossible de brancher la clé USB emplie de giga de musique ?
Vous allez devoir faire avec le bon vieux mange-K7…

Bon, mais pour autant, il vous est toujours possible de participer aux commandes de disques ou de livres musicaux faites chaque mois dans les bibliothèques !

Rien de plus simple : vous nous laissez un petit commentaire à cet article, avec les références du document qui vous intéresse ainsi que la bibliothèque que vous fréquentez régulièrement !

Nous vous y répondrons rapidement et vous pourrez retrouver dans ses rayonnages le disque ou le livre que vous aurez proposé :)

Pour vérifier que les bibliothèques de Rennes ne l’ont pas déjà, nous vous conseillons de faire une recherche rapide au catalogue !

Et pour fêter son 3ème anniversaire, ZIKARENNES voit plus grand ! Les bibliothécaires de Pacé, Vezin, Cesson-Sévigné et Saint-Jacques-de-la-Lande rejoignent l’aventure ! Aussi, vous pouvez désormais faire des suggestions via le blog pour les commandes dédiées à la musique pour les médiathèques de chacune de ces communes de Rennes Métropole. YOUPI !

N’hésitez pas à vérifier si le document n’est pas déjà présent à leur catalogue :
- catalogue de la médiathèque de Saint-Jacques
- catalogue de la médiathèque de Cesson-Sévigné
- catalogue de la médiathèque de Vezin
- catalogue de la médiathèque de Pacé

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