Marley (le documentaire)

Le mercredi 13 juin sort le documentaire sur l’icône du reggae, Bob Marley (1945-1981). Nous sommes tous capables de fredonner ses tubes (“Could you be loved” , ” I shot the sheriff “ ”No woman, no cry” , “Get up, stand up” , “Jammin” , “Is this love” , “One love” ) mais nous savons moins qui se cachait derrière ses opulentes volutes de fumées et ses longues dreadlocks. Kevin MacDonald s’efforce de combler nos lacunes sur un personnage aux facettes plus complexes que l’imagerie “reggae” veut bien nous laisser croire: celle du rasta au discours inintelligible, souriant bêtement, jouant au foot et fumant toute la journée. Même si la famille du chanteur valide le portrait au final,  le documentaire esquisse les contours sulfureux du personnage en omettant néanmoins quelques traits de caractères comme quelques faits de violence et son implication politique jusqu’en 1971 auprès de Michael Manley, futur premier ministre.

Marley 1

Positive vibrations ?

Métis abandonné par un père blanc capitaine de la Royal Navy, il était plutôt timide, séducteur invétéré, rebelle et sans attache. Rétif aux interviews, il pouvait se montrer tour à tour glacial et abrupt ou chaleureux et prolixe.  Le film dure 2:30 mais s’avère riche et dense en informations sur le contexte politique et social de la Jamaïque, sur l’histoire du reggae et sur la vie du chanteur. La bande son réjouira les amateurs du genre et les puristes s’offusqueront de quelques confusions (Channel One et Studio One). La dernière demie-heure est intense en émotion puisqu’elle fait la part belle à la tragique destinée de Marley stoppé dans son élan par la maladie.

Marley 2

“Dès qu’il en avait l’occasion, Marley taquinait la baballe… mais rarement sur l’herbe… par principe”

Marley, c’est le seul artiste que les réfractaires au reggae s’autorisent à aimer parce qu’il donna, par le prisme de Chris Blackwell (le producteur et fondateur du label Island Records) une dimension rock et internationale à la musique jamaïcaine, au-delà des dimensions religieuses pourtant caractéristiques de sa musique. Il fut le premier chanteur et le plus gros vendeur de disques de ce que nous surnommions, avant de manière péjorative, le “tiers-monde”. A travers ses textes, il revendiquait la paix, la révolte face à l’oppression, la liberté et l’égalité des peuples ainsi que les préceptes du rastafarisme.

 

Les bibliothèques des Champs Libres et de la ville de Rennes mettent à votre disposition de nombreux documents (cd, dvd, ouvrages) sur le “tuff gong*” connu et adulé de Tokyo à Brasilia. Aujourd’hui encore, 31 ans après sa mort, son influence reste immense à travers le monde et la famille du chanteur ne ménage pas ses efforts pour commercialiser son image avec avidité. Avec la mode des hologrammes, Marley en concert près de chez vous, pourrait bientôt devenir une… virtualité.

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* Dur comme le gong. Surnom datant des jeunes années de Marley qui avait la réputation de petit caïd de Trenchtown, ghetto au sud de Kingston.

[Stéphane - Bibliothèque des Champs Libres]

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