Amours fragiles: l’Histoire prend sens

Qui a dit que la BD, c’était de la sous-littérature ? En général, voilà bien un type de lecture pour lequel je suis difficile…très difficile. Aussi jusque là, je m’étais cantonnée à Tintin et Astérix, pour me détendre.

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Par hasard, je suis tombée sur un album de Amours fragiles aux Champs Libres. Le dessin précis et les couleurs m’ont attirée, je n’attendais rien en particulier, mais j’étais curieuse….De la BD historique, c’est peut-être ce qui m’a intéressée; un regard neuf sur la Grande Guerre, dont on parle sans trop se représenter les faits: la Résistance, les complots, les trahisons, la peur d’être surveillé ou suivi, la haine des juifs…. De l’histoire ancienne, couverte par le fameux « plus jamais ça ». En fait, Amours fragiles a été comme une révélation. La relation amoureuse de Martin avec Katarina ne m’a parue n’être qu’un alibi à une plongée au coeur de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre et de plus absurde parfois. L’analyse fine d’un contexte politique, des illusions données par chaque parti, et du retournement si étrange des consciences vers l’absurdité. Quoi de plus édifiant que les réflexions pro-nazies du père de Martin, aveuglé par le charisme d’Hitler et les belles promesses d’un renouveau socio-économique. Amours fragiles explore tout ce qui peut corrompre l’être humain (argent, ambition, pouvoir, peur) et le pousser à trahir à la fois ses idéaux et ses relations. Moins fréquemment exprimés, les doutes du peuple allemand face à la montée du nazisme et tout à la fois les réticences à remettre en question l’autorité au pouvoir (même pour les juifs qui ne pensaient pas être en danger). Bref, j’ai mieux compris comment on en était arrivés là: personne n’a rien vu venir, trop de consciences retournées se sont comme endormies. Je ne peux m’empêcher de penser à l’actualité brûlante de certaines situations: après tout, de tout005temps, on a toujours trouvé des bouc-émissaires à accuser. L’esprit humain semble si facile à formater, à convaincre qu’un mal est un bien: sommes-nous libres ?

À propos de agrababook

Bonjour! Ca y est, je ne suis plus étudiante ! avec un master de lettres, il était tout naturel de penser à créer ici un petit espace pour m'exprimer sur mes lectures et plus si affinités....
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